lundi 23 mars 2026

MON PETIT LABO n°9 - ETRE JARDINIER-

  

Comment naissent les histoires, pourquoi, pour qui… ?
Comment est née cette histoire que je vais vous conter ?
Je vous préviens, je n’apporte que peu de réponses, et encore, elles sont imparfaites, fluctuantes, cueillies pour l’occasion, mouvantes. Evidemment qu’elles sont mouvantes sinon comment pourraient-elles être émouvantes ?
« MON PETIT LABO » c’est l’histoire de l’histoire. C’est aussi ce qui m’inspire, les idées qui me traversent, les états d’âme qui jalonnent mon écriture, les rencontres, les trouvailles, les Eurêka, les doutes.
Mes questions, sont mon terreau, ma ressource inépuisable. Profitons-en.

Je vous embarque ?

***

(…suite)

 

 
    J’écris quand ça me chante.
Les phrases m’entraînent là où le vent les pousse…
Je sème des mots. J’arrose, je draine, je paille.
Puis je m’en vais.
J’oublie d’arroser.
Je cueille un fruit, tout petit. Comment ça se fait ?
Et puis, tiens, là : je récolte ce que je n’ai pas semé.
Quelques abeilles pollinisent des mots. Je cueille un livre. Huum !
Je trace un sillon, espère la pluie.
Je plante parfois hors saison.
Je n’ai pas appris.
Un coup de gel, les idées meurent.
Hibernent.
Vivement le printemps.
Un ruisseau caracole,
Serpente
Je le suis
Les idées dégoulinent, rigolent
J’écris quand ça me chante.
Je suis née dans un jardin
Entre un chou et quelques roses,
Quand je ne chante pas, je me repose.
 
     Tous les jardiniers vous le diront, un jardin c’est du travail ! C’est du temps, de la patience.
C’est le respect des saisons. C’est connaître les plantes, leur association. Ce qui les nourrit, ce qui les fatigue.
Un jardin ça se structure, besoin d’eau, de soleil ? besoin d’ombre ?
Craint le gel, fleurit d’avril à juin ?
C’est connaître les cycles de la vie, du renouveau.
 
    L’écrivain aussi est saisonnier, il vit des creux, des vides qui ne sont pas stériles, pas plus que les plantes sous la neige. Le jardinier est confiant, il sait que la vie reprend toujours le dessus.
Il y a le respect des rythmes. Parfois la jachère est nécessaire.
L’écrivain le sait.
 
    J’ai cultivé les mots, j’ai fait quelques carrés de plantations. Ah ça oui, je me suis plantée !
J’ai appris sur le tas, sans savoir que je jardinais.
Maintenant je sais.
 
    Un jardin ça se structure, ça se pense autant que ça se vit les mains dans la terre.
 
    Il a bien fallu réveiller l’Architecte pour ce projet.
 
                                    MON MUSEE PERSONNEL, inspirations du moment.
 
 
                                             
 
 
            « Mzelle Pois », j’ai écrit ce texte en marchant. J’étais triste (ce sont des choses qui arrivent)
Ce jour-là je pars dans la forêt d’un pas soutenu. L’histoire s’écrit dans ma tête, d’un seul trait.
Les couplets, le refrain, l’interjection du début « SOUDAIN ! »
Arrivée au bout de l’histoire… j’étais arrivée au bout de la balade.
J’ai fait demi-tour.
J’ai marché paisiblement, je souriais.

Et si je l’oubliais cette histoire ?

Aucun risque elle était fécondée.
 
Illustré par Mélanie Robic, aux éditions Limonade, octobre 2012.
 

 

 

 

lundi 16 mars 2026

MON PETIT LABO n° 8- ETRE UN ARCHITECTE-


        J’ai envie de partager ici mon cheminement d’autrice autour de l’écriture.

Comment naissent les histoires, pourquoi, pour qui… ?
Comment est née cette histoire que je vais vous conter ?
Je vous préviens, je n’apporte que peu de réponses, et encore, elles sont imparfaites, fluctuantes, cueillies pour l’occasion, mouvantes. Evidemment qu’elles sont mouvantes sinon comment pourraient-elles être émouvantes ?
« MON PETIT LABO » c’est l’histoire de l’histoire. C’est aussi ce qui m’inspire, les idées qui me traversent, les états d’âme qui jalonnent mon écriture, les rencontres, les trouvailles, les Eurêka, les doutes.
Mes questions, sont mon terreau, ma ressource inépuisable. Profitons-en.
Je vous embarque ?

 

*** 

(...suite) 


L’Architecte bâtit son histoire, là où le Jardinier va où le vent le pousse.
 
Ce sont deux aspects différents et complémentaires de l’écriture. Une sorte de Yin et Yang.
D’un côté la structure, la construction d’un monde, d’une histoire, de personnages au service de l’histoire. Cela peut paraître sans surprise. Je suppose que ça ne l’est pas. Je peux difficilement vous le dire, mon cœur penche « côté jardin ».
 
Ce sont deux tendances, l’architecte se laisse aussi porter par la rêverie et les surprises imposées par ses personnages. Le jardinier bâtit aussi, bien sûr. Mais il y a un aspect qui l’emporte sur l’autre.
 
Phrase d’architecte : « c’est bon je peux passer à l’écriture, mon plan fait 58 pages ».
Phrase de jardinier : « Mon personnage est vraiment facétieux, il veut absolument un ami imaginaire. Je ne sais pas encore pourquoi, mais il doit avoir ses raisons ».
 
Tu vois l’idée ?
 
Pour l’écriture de ma Saga, j’ai dû créer un plan pour la présenter. Je connais la fin évidemment et mes principales étapes. De là à formaliser tout cela dans un plan, l’angoisse.
 
Et, bah…c’était génial à faire.
 
De nouvelles scènes me sont apparues, des interactions plus précises, des enjeux aussi. De nouvelles questions, chaque question en ouvrant dix autres, à l’infini.
 
Mon plan ridiculement petit d’une page A4 (rires des archi’) (oui bon, ça va hein)… contient toute mon histoire.
Chaque chapitre est développé au brouillon, un page par chapitre (ah tu vois hein !).
 
Il manque énormément d’éléments. C’est un plan en clair/obscur qui fait apparaître tout ce qui est absent. Ecrit blanc sur noir.
 
J’ai adoré devenir l’architecte de mon projet, y être contrainte en quelque sorte.
Appelez-moi Numérobis !
 
Oui enfin, il manque des arbres, des arbustes, une haie, des fleurs, des fontaines, un chemin forestier…..
 
 
 
 
                                    MON MUSEE PERSONNEL, inspirations du moment.
 
 
 



J' ai bien aimé ce premier tome de La Mémoire des vaincus !
Je découvre @bleuenn_guillou et sa plume grâce aux podcasts de. @margotdessenne, ( j' en parlerai prochainement).
Cette lecture m'a embarquée dans un monde qui semble exister tellement on s'y plonge naturellement. Les personnages sont attachants et complexes, j adore qu'ils soient multiples, ambivalents (mais... Ne fais pas ça, non pas toi !! Ah ben si...) (non, non n y va pas...) Et là tu continues la lecture avec un œil caché pour ne pas voir ce que tu lis) ( t as l image !?).
J aime ce world building si simple ( donc très très complexe). Tout est politique, à commencer par l mémoire et son/ses exploitations. Tout une société gravité autour de le gestion de la mémoire. Exister, subsister, se vendre, se réparer, se battre, y croire. Les thèmes sont forts.
Bleuenn Guillou est historienne, et architecte de son histoire. Rien n est posé au hasard. Tout s imbrique dans une mécanique fatale.
Je suis intéressée par ma lecture en tant que lectrice, mais aussi en tant qu' autrice. Mais comment fait-elle pour nous emmener avec elle ?
Bleuenn raconte ses coulisses chez Margot Dessenne. Elle est, elles sont généreuses de conseils précieux. Merci à elles.
Par conséquent, en lisant La Mémoire des vaincus, j ai eu l' impression de bâtir ce monde en le lisant. J étais dedans. Mais Bleuenn nous entraîne dans son imaginaire et rien n est prévisible, malgré nos scénarios interieurs. Nous sommes surpris, émus, inquiets, soulagés ( pas longtemps).
Je veux la suite !!
Merci pour cette découverte, car il n est pas facile pour moi de dénicher la pépite dans une librairie parmi toutes les couvertures de romans toutes ressemblantes, ce qui n enlève rien à leur qualité graphique (Couv François - Xavier Pavion).
 
 

 


lundi 9 mars 2026

MON PETIT LABO n°7 -PARFOIS JE N'ECRIS PAS POUR LA JEUNESSE-


Comment naissent les histoires, pourquoi, pour qui… ?
Comment est née cette histoire que je vais vous conter ?
Je vous préviens, je n’apporte que peu de réponses, et encore, elles sont imparfaites, fluctuantes, cueillies pour l’occasion, mouvantes. Evidemment qu’elles sont mouvantes sinon comment pourraient-elles être émouvantes ?
« MON PETIT LABO » c’est l’histoire de l’histoire. C’est aussi ce qui m’inspire, les idées qui me traversent, les états d’âme qui jalonnent mon écriture, les rencontres, les trouvailles, les Eurêka, les doutes.
Mes questions, sont mon terreau, ma ressource inépuisable. Profitons-en.
Je vous embarque ?

*** 

(...suite) 


 

Parfois je n'écris pas pour la jeunesse. 
Parfois je n'écris pas mon roman en cours.
Parfois je n'écris pas du tout.
Parfois j'écris.
Parfois, tous les jours je vais travailler et je ne trouve pas le temps d'écrire.
Parfois je dois replonger dans un ancien élan pour recommencer, c'était quoi déjà?

En ce moment, nous sommes deux psychomotriciennes, entrain de finaliser un écrit sur les enseignements de notre professeure et amie Louise Villetard.
C'est un beau bébé de 148 pages.
Fini.
...enfin fini.

Version 1 finie.

Ce week-end nous étions 6 dans mon Petit Labo. 6 cerveaux, pas un de trop!
Séquence relecture intensive.
Chacun sa tâche: compréhension, chasse aux virgules, répétitions, majuscules, retraits, espaces, sens des mots, des idées.
148 pages, 12 pages par heure.
Travail en groupes, demi-groupes.
Choix de typo, idées de couverture, budget...tout y passe.

Les émotions sont là. Celles des retrouvailles, des envies, du stress.
Du souvenir.
Malgré la fatigue, le joie revient.

Et c'est portée par la perspective de créer un très beau livre de psychomotricité que je vais entreprendre l'insertion de toutes ces corrections.
Le chemin est encore un peu ardu.
Mais c'est la fin.

Si je retouche 50 pages par semaine, dans 3 semaines il y a un BAT (Bon à tirer). Impossible.
Disons que dans un mois et demi ce sera fini.
On vise le mois de mai pour avoir le livre en main.

Je veux dire ici un grand merci à @benoit_soucher , à Henri, Françoise, Antoine et Gabrielle pour cette intensité créative, cet élan, et tout le reste. Je vous kiffe trop.

Et aussi toute mon admiration aux correcteurs, aux maquettistes, aux graphistes. Aux éditeurs.

***

Parfois je n'écris pas mon roman pour la jeunesse.

Parfois j'apprends d'autres choses en chemin.
Cela sera utile pour mon roman.






lundi 2 mars 2026

MON PETIT LABO n°6 - LE DETOUR PAR LA FICTION -


J’ai envie de partager ici mon cheminement d’autrice autour de l’écriture.
Comment naissent les histoires, pourquoi, pour qui… ?
Comment est née cette histoire que je vais vous conter ?
Je vous préviens, je n’apporte que peu de réponses, et encore, elles sont imparfaites, fluctuantes, cueillies pour l’occasion, mouvantes. Evidemment qu’elles sont mouvantes sinon comment pourraient-elles être émouvantes ?
« MON PETIT LABO » c’est l’histoire de l’histoire. C’est aussi ce qui m’inspire, les idées qui me traversent, les états d’âme qui jalonnent mon écriture, les rencontres, les trouvailles, les Eurêka, les doutes.
Mes questions, sont mon terreau, ma ressource inépuisable. Profitons-en.

Je vous embarque ?

***

 (La suite...)

 

...La vie, la mort, la maladie, le destin, l’amour, la liberté, le choix, le libre-arbitre, les autres, les émotions.
Tout ce qui représente un mystère.
 
Rien que ça.
Par conséquent (du coup)( nonobstant) comment aborder ces sujets ?
 
Une seule voie possible pour moi : la fiction.
 
fleur: photo  de moi, éléphant image du net.
Un Eléphleur

J’affectionne particulièrement la fantasy, le fantastique. Au collège Maupassant, Edgar Poe, mais aussi Balzac avec « la peau de chagrin », ont eu sur moi un effet puissant. Avec la magie, les mythes, les contes l’imaginaire est débridé, rien n’est impossible à vivre pour les personnages, donc rien n’est impossible à dire. Tous les sujets peuvent être abordés.

Le détour par la fiction permet de dire très directement ce qu’il y a dans la psyché humaine. C’était et c’est toujours la fonction des contes. Pourquoi y -a-t-il toujours des forêts dans les contes ? Parce que l’inconscient regorge de monstres, nos monstres, de noirceur, de profondeur, de lumière aussi, c’est comme une forêt.
« La fiction c’est la part de vérité qu’il existe dans chaque mensonge », Stephen King.

Un Moussalion
 
Le réel est subjectif c’est une fiction.
Les souvenirs sont une fiction, un récit reformaté au gré des époques et des personnes.
Nous sommes des êtres de récit, nous avons besoin de raconter et d’être racontés.
Il y aurait tant à dire sur le sujet, des thèses entières ! Ecrire un essai sur le sujet ne m’intéresse pas. Pas aujourd’hui en tout cas. Mais je vous laisse avec ces questions, que vous soyez écrivain(e)s ou pas.
 
Les conteurs sont des menteurs qui racontent la vérité.

Une Moussoursin ou un Moursin selon les régions
 
Je suis une conteuse, je veux raconter toute la vérité, rien que la vérité !
Tout ce qui m’anime, me fait peur, me plaît, me fascine, me surprend sera raconté avec vérité, l’histoire sera fictive.
Il y aura de moi dans chaque personnage, (oui chaque personnage) il vaut mieux le savoir quand on écrit.
Le savoir et l’assumer.
 
Ma Saga est une trilogie fantasy-fantastique.

 Un Fleurmilier
 
 
                                   MON MUSEE PERSONNEL, inspirations du moment.
 
 

THORGAL,  (une BD de Rosinski et Van Hamme) une première plongée dans la fantasy pour moi.
Le Seigneur des anneaux (livres) Bilbo le hobbit (JRR Tolkien).
La nuit des temps de Barjavel (j'en ai déjà parlé, ah?)
Harry Potter, évidemment.
Stephen KING, Edgar POE, Neil GAIMAN (Coraline, notamment mais pas seulement).
Plonger dans le monde de NARNIA, (CS Lewis) bien avant la sortie des films.
Jules VERNE, Aldous HUXLEY (la claque: je prends le train pour aller en prépa, et là "le meilleur des mondes"...)
ORWELL, 1984 ( là c'est pas une claque c'est un KO)
Tous les HG WELLS possibles!
J'en oublie tellement!!

Mon imaginaire a été nourri de tous ces écrivains.