Comment naissent
les histoires, pourquoi, pour qui… ?
Comment est née cette
histoire que je vais vous conter ?
Je vous préviens,
je n’apporte que peu de réponses, et encore, elles sont imparfaites,
fluctuantes, cueillies pour l’occasion, mouvantes. Evidemment qu’elles sont
mouvantes sinon comment pourraient-elles être émouvantes ?
« MON PETIT
LABO » c’est l’histoire de l’histoire. C’est aussi ce qui m’inspire, les
idées qui me traversent, les états d’âme qui jalonnent mon écriture, les
rencontres, les trouvailles, les Eurêka, les doutes.
Mes questions,
sont mon terreau, ma ressource inépuisable. Profitons-en.
Je vous embarque ?
***
« Le déroulé de l’histoire », ou comment j’ai occupé mon mois d’août.
Je faisais autre chose.
Mais j’y pensais tout le temps à mon récit.
Pourquoi je n’arrivais pas à m’y mettre ?
Des blocages ?
Oui, mais où ?
Quel rouage était grippé ?
Le world building était assez pensé me semble-t-il,
le personnage principal pas très développé mais je trouvais ça normal à ce stade.
Là pour le coup je pense que c’est en écrivant que mon perso principal va adopter
des réactions singulières et va s’affiner comme un fromage de chèvre dans une
grotte du Larzac. J’ai l’image.
L’antagoniste (ou son système), calé. Enfin pour ce que je croyais.
L’arc narratif, somme toute assez en place.
Ahan.
Mais quoi alors bon sang ?
Un seul arc narratif ?
Les personnages secondaires ?
Les péripéties ?
Les liens entre les personnages ?
Quelques grosses incohérences dans le world building ?
Qui fait quoi ? Quand ? pourquoi ?
Comment évolue mon perso principal ?
Pourquoi ?
Comment ?
Ah. Oui.
Ça.
J’wois ss’que tju veudjire !
Bon ben allez, retroussons les manches.
4 semaines de travail de fourmi. Pas à pas j’ai revisité chaque étape, chaque personnage, chaque arc, chaque lieux, loi, système, échange, parcours, raisons intrinsèques, promesses narratives, indices. J’ai échafaudé, surligné.
Ma technique ?
Je me suis fait un carnet A4, leporello, bristol.
Les chapitres se sont enchaînés comme les perles d’un collier. Avec la possibilité d’enlever des étapes, d’en rajouter.
J’ai visualisé mon récit en 3D.
Dur.
Laborieux.
Jouissif autant que fastidieux.
Des blocages explosés à la dynamite façon tunnel.
Déminages.
Parfois j’étais obligée de poser urgemment un dialogue, parce que c’était difficile de raconter autrement. Parfois les recherches techniques (insectes, tissage…) m’ont permis de supprimer des contresens ou de créer des solutions à des problèmes. (parfois de créer des problèmes)
Codes couleurs, surlignages, post-it.
Je peux étaler mon travail et avoir une vue d’ensemble, et le contempler depuis un escabeau.
(t’as l’image ?)
Bien-sûr rien n’est encore gravé dans le marbre, et je suppose que le jardinier viendra mettre un peu de pagaille dans l’échafaudage de l’architecte.
Mais le fait est que je n’ai pas pu avancer la rédaction de mon projet sans poser ces bases.
Impossible dans la création d’un livre fantasy avec de nombreux personnages, arcs narratifs, monde créée de toute pièce.
Impossible de faire autrement.
Forage, ferraillage, terrassement.
C’est toujours l’été que je prends la pelle, la truelle, le sable, la brouette, le ciment, les graviers, la bétonnière et tout le toutim.
Le toutim, oui.
Bah c’est l’été que j’ai le temps fleuve-rêverie-lagon (-rapides-cascades-remous)
J’ai laissé reposer les petits limons de ma pensée.
Puis
Rédaction du premier jet, le droit d’écrire mal, de se tromper, de ne pas relire, de ne pas corriger, pas tout de suite. Tout poser. D’un trait.
Jusqu’à..disons, novembre.
MON
MUSEE PERSONNEL, inspirations du moment.



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