J’ai envie de partager ici mon cheminement
d’autrice autour de l’écriture.
Comment naissent
les histoires, pourquoi, pour qui… ?
Comment est née cette
histoire que je vais vous conter ?
Je vous préviens,
je n’apporte que peu de réponses, et encore, elles sont imparfaites,
fluctuantes, cueillies pour l’occasion, mouvantes. Evidemment qu’elles sont
mouvantes sinon comment pourraient-elles être émouvantes ?
« MON PETIT
LABO » c’est l’histoire de l’histoire. C’est aussi ce qui m’inspire, les
idées qui me traversent, les états d’âme qui jalonnent mon écriture, les
rencontres, les trouvailles, les Eurêka, les doutes.
Mes questions,
sont mon terreau, ma ressource inépuisable. Profitons-en.
Je vous
embarque ?
***
Pour
moi le stylo c’est « jardinier » et l’ordi c’est
« architecte ».
DONC,
les deux ! mais pas au même moment.
Parfois
j’ai besoin d’imprimer ce que j’ai écrit pour « manipuler » du
papier, tourner des pages. Je surligne, je rature, je regrette d’avoir raturé,
je réécris, mais en fait nan je re-barre, je fais des flèches, je numérote pour
déplacer les idées, les paragraphes. C’est un carnage de couleurs, de pâtés, je
me sens bien dans cette explosion de mots.
Mais
il faut reconnaître que si je laisse passer une semaine sans me relire à cette
étape-là du travail, je ne comprendrais plus rien à mes salmigondis
(salmigondis, oui) !
Donc
je remets au propre avec l’ordi.
Le
stylo c’est l’âme, les émotions, le brut de décoffrage, le désordre, le flot
incessant, l’envol, l’élan, le juste, l’amas, le tas, la gadoue, la matière, la
sensation de glisse sur le papier, n’importe lequel, le choix du stylo (mes
préférés : les bic, ceux sur lesquels on appuie sur le bitoniau pour faire
sortir la mine) (si je pousse, je préfère en noir), mais bon, je kiffe les bic
roses, ah lala les turquoises. Parfois j’écris vachement bien, joliment, la
trace me plaît, parfois je ne me relis pas tellement c’est-pas-des-lettres…On
peut tout dire, on ne censure rien. Tout est accueilli sans jugement (le moins
possible). On s’épanche, c’est horizontal.
C’est
la chair de l’histoire.C’est
vivant. C’est le foutoir.Je
suis bordélique, ça m’aide beaucoup !C’est
une histoire qui se rêve.
L’ordi
c’est propre, rangé, calé, en ligne, en ordre de marche, or-ga-ni-sé,
indispensable, c’est le rendement, le nombre de signes, planifié, copié collé à
l’infini, corrigé, souligné, policé, pesé, justifié, l’autoroute. J’aime le
bruit de mes doigts sur le clavier, j’aime la vitesse que je prends parfois.
J’essaie de taper sans regarder mes doigts. Je progresse. (Inutile mais
satisfaisant). Je regarde le nombre de pages, c’est concret palpable. On enlève
le trop, on ajoute, on sculpte, on tranche. On garde l’essentiel. On structure,
c’est vertical.
C’est
un livre qui se bâtit. Un « tapuscrit » times 12, double intervalle,
justifié.Oui
vraiment, il me faut les deux, cette petite danse entre deux polarités très
complémentaires.
Je
ne pourrais pas choisir.Qui
le demande ?
MON
MUSEE PERSONNEL, inspirations du moment.
- Salmigondis : Mélange disparate et incohérent.
Quel salmigondis !

Mes bics, et mon chat qui se demande bien pourquoi je fais ce que je fais, pile maintenant. Genre.