samedi 2 mai 2026

MON PETIT LABO n° 14- STYLO OU ORDI? -

 

J’ai envie de partager ici mon cheminement d’autrice autour de l’écriture.

Comment naissent les histoires, pourquoi, pour qui… ?

Comment est née cette histoire que je vais vous conter ? 

Je vous préviens, je n’apporte que peu de réponses, et encore, elles sont imparfaites, fluctuantes, cueillies pour l’occasion, mouvantes. Evidemment qu’elles sont mouvantes sinon comment pourraient-elles être émouvantes ?

« MON PETIT LABO » c’est l’histoire de l’histoire. C’est aussi ce qui m’inspire, les idées qui me traversent, les états d’âme qui jalonnent mon écriture, les rencontres, les trouvailles, les Eurêka, les doutes.

Mes questions, sont mon terreau, ma ressource inépuisable. Profitons-en.

Je vous embarque ?

 

***

Pour moi le stylo c’est « jardinier » et l’ordi c’est « architecte ».

DONC, les deux ! mais pas au même moment.

Parfois j’ai besoin d’imprimer ce que j’ai écrit pour « manipuler » du papier, tourner des pages. Je surligne, je rature, je regrette d’avoir raturé, je réécris, mais en fait nan je re-barre, je fais des flèches, je numérote pour déplacer les idées, les paragraphes. C’est un carnage de couleurs, de pâtés, je me sens bien dans cette explosion de mots.

Mais il faut reconnaître que si je laisse passer une semaine sans me relire à cette étape-là du travail, je ne comprendrais plus rien à mes salmigondis (salmigondis, oui) !

Donc je remets au propre avec l’ordi.

Le stylo c’est l’âme, les émotions, le brut de décoffrage, le désordre, le flot incessant, l’envol, l’élan, le juste, l’amas, le tas, la gadoue, la matière, la sensation de glisse sur le papier, n’importe lequel, le choix du stylo (mes préférés : les bic, ceux sur lesquels on appuie sur le bitoniau pour faire sortir la mine) (si je pousse, je préfère en noir), mais bon, je kiffe les bic roses, ah lala les turquoises. Parfois j’écris vachement bien, joliment, la trace me plaît, parfois je ne me relis pas tellement c’est-pas-des-lettres…On peut tout dire, on ne censure rien. Tout est accueilli sans jugement (le moins possible). On s’épanche, c’est horizontal.

C’est la chair de l’histoire.
C’est vivant. C’est le foutoir.
Je suis bordélique, ça m’aide beaucoup !

C’est une histoire qui se rêve. 

L’ordi c’est propre, rangé, calé, en ligne, en ordre de marche, or-ga-ni-sé, indispensable, c’est le rendement, le nombre de signes, planifié, copié collé à l’infini, corrigé, souligné, policé, pesé, justifié, l’autoroute. J’aime le bruit de mes doigts sur le clavier, j’aime la vitesse que je prends parfois. J’essaie de taper sans regarder mes doigts. Je progresse. (Inutile mais satisfaisant). Je regarde le nombre de pages, c’est concret palpable. On enlève le trop, on ajoute, on sculpte, on tranche. On garde l’essentiel. On structure, c’est vertical.

C’est un livre qui se bâtit. Un « tapuscrit » times 12, double intervalle, justifié.
Oui vraiment, il me faut les deux, cette petite danse entre deux polarités très complémentaires.

Je ne pourrais pas choisir.

Qui le demande ?

 

MON MUSEE PERSONNEL, inspirations du moment.

 

  1. Salmigondis : Mélange disparate et incohérent.

Quel salmigondis !

 

Mes bics, et mon chat qui se demande bien pourquoi je fais ce que je fais, pile maintenant. Genre.